Découvrez les principales conclusions et perspectives stratégiques qui se sont dégagées de ces discussions entre experts :
- Moderniser le corridor SLGL pour en faire un levier de compétitivité Atout majeur vers le Midwest américain, ce corridor doit moderniser ses infrastructures, innover par les données et renforcer sa collaboration régionale pour soutenir la diversification du Québec et augmenter le trafic maritime. L’écosystème économique et maritime Québec–Ontario–Midwest génère plus de 350 000 emplois de part et d’autre de la frontière.
- Soutenir massivement le transport maritime et l'intermodalité . Pour le corridor SLGL, la contribution à la diversification pourrait représenter une hausse de 25 % à 40 % du trafic maritime sur 10 ans. Le développement du corridor passe par des infrastructures fiables, un partage des risques public-privé et un appui accru au secteur maritime. S'inspirer du modèle de coopération de WESTAC permettrait d'améliorer le dialogue entre les acteurs de la chaîne logistique.
- Propulser les minéraux critiques via le corridor. L'industrie des minéraux critiques et stratégiques représente une opportunité majeure pour repositionner les flux commerciaux du corridor SLGL, à condition d'investir massivement dans sa logistique intermodale. Le Québec abriterait environ 30 des 51 minéraux critiques identifiés par Washington, et le Canada un peu plus de 45 ; le corridor SLGL est considéré comme critique pour l’économie américaine, ce qui explique certaines exemptions en matière de droits de douanes et renforce l’interdépendance économique.

- Optimisation des marchés canadiens face à la dépendance américaine. Malgré sa dépendance historique aux États-Unis, le Canada mise sur ses accords de libre-échange pour doubler ses exportations en dix ans, même si le commerce québécois reste fortement marqué par l'effet frontière et les échanges interprovinciaux. Aujourd’hui, 76% des exportations du Canada sont dirigées vers les États-Unis, mais l’économie interne reste importante, représentant 70% du PIB.
- Naviguer les tensions entre les États-Unis et la Chine. Face à la rivalité sino-américaine qui réorganise les chaînes d'approvisionnement, le Canada subit des pressions mais reste un partenaire stratégique incontournable pour les États-Unis, notamment grâce à ses ressources minérales. Cette perte relative de puissance américaine est illustrée par la part américaine dans la production manufacturière mondiale qui est passée d’environ 30% à 15% en 30-35 ans, alors que celle de la Chine dépasse maintenant les 30%.
- Saisir l'opportunité européenne face à l'incertitude.Face à la hausse des tarifs douaniers américains et à l'instabilité globale, l'Europe s'impose comme un partenaire d'exportation fiable et stable pour la diversification efficace canadienne. L’accord économique et commerciale global Canada-UE (AECG) montre des résultats très positifs, telles que les exportations canadiennes vers l’UE ont augmenté d’environ 100% dans les services, et d’environ 96% pour les biens.
- Accompagner les PME manufacturières à l'international.Bien que central et exportateur, le secteur manufacturier québécois est vulnérable. Les PME ont besoin d'un soutien ciblé pour surmonter leurs défis de productivité, la complexité réglementaire et la fragmentation des aides publiques. Le secteur manufacturier représente 86,1% des exportations du Québec, majoritairement à travers des PME, ce qui le rend particulièrement vulnérable aux chocs économiques et géopolitiques ; depuis l’AECG, le nombre d’entreprises exportant vers l’UE a augmenté d’environ 20%, notamment des PME.
- Harmoniser la réglementation pour sécuriser le commerce transfrontalier. Le système maritime nord-américain, vital pour l'emploi, fait face à des divergences réglementaires et à des menaces de frais portuaires aux États-Unis. Une coopération accrue entre les deux pays est essentielle pour lever ces freins. En effet, une augmentation d’environ 40% de la réglementation en 15 ans pose un frein aux investissements.
Note d'information :
Les points résumés ci-dessus reflètent exclusivement les données présentées et les échanges ayant eu lieu lors du colloque du 26 mars dernier. Ils ne sauraient engager la responsabilité des organisateurs au-delà de ce cadre factuel.
