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L'administration américaine a annoncé l'imposition de droits de douane de 25 % sur les automobiles (voitures et camions légers) ainsi que sur certaines pièces automobiles (moteurs, transmissions et composants électriques), qui entreront en vigueur respectivement les 3 avril et 3 mai 2025. L'administration soutient que ces droits de douane visent à répondre aux préoccupations selon lesquelles les importations en provenance de l'Union européenne et du Japon, ainsi que l'intégration des chaînes d'approvisionnement nord-américaines, ont affaibli la base industrielle des États-Unis et exposé les fabricants à des pénuries de composants clés. Il est à noter que, comme les composants traversent souvent les frontières entre le Canada, les États-Unis et le Mexique avant l'assemblage final, les éléments fabriqués aux États-Unis dans les voitures sera exempté de ces droits de douane.
L'industrie automobile constitue un pilier essentiel de l'économie canadienne, avec une expertise spécialisée développée au fil des années grâce au libre-échange et à des chaînes d'approvisionnement transfrontalières intégrées. Fait intéressant, ce sont initialement les droits de douane sur les voitures fabriquées aux États-Unis qui ont conduit à l'assemblage de voitures au Canada à partir de pièces américaines jusqu'aux années 1960. Les accords commerciaux ultérieurs, qui ont réduit les droits de douane en échange d'une production nationale pour les voitures vendues au Canada, ont amené les fabricants à produire des modèles uniques pour toute l'Amérique du Nord dans des usines spécifiques, avec des composants provenant de plusieurs pays. Au fil des ans, la production automobile canadienne est passée de plus de 3 millions d'unités en 1999 à un peu plus de 1,3 million d'unités en 2024.
La demande des consommateurs pour les modèles de voitures fluctue, car les nouvelles versions peuvent connaître un succès variable, et la reconversion des usines pour produire différents modèles est à la fois coûteuse et chronophage. Avec la transition des moteurs à combustion vers les véhicules électriques (VE), certains fabricants ont eu du mal à suivre, ce qui les expose à des risques de marché. La concurrence avec une technologie de VE mature en provenance de Chine, souvent proposée à des prix agressifs, ajoute une pression supplémentaire. En 2024, cinq constructeurs automobiles avaient des opérations d'assemblage actives au Canada, produisant 10 modèles. La stratégie d'usines produisant des modèles spécifiques suivie par les constructeurs signifie que la plupart des modèles de voitures vendus au Canada sont importés, principalement des États-Unis.
Les graphiques montrent que sur les 1,3 million de voitures assemblées au Canada, le groupe Toyota a produit environ 40 % des trois modèles fabriqués dans les usines de Woodstock et de Cambridge. Honda est le deuxième constructeur, avec 31 % de la production et deux modèles fabriqués à Alliston. Les 29 % restants sont partagés entre le groupe Ford, le groupe GM et Stellantis, pour cinq modèles. En termes de ventes, seul un quart des modèles produits au Canada ont été vendus sur le territoire national en 2024, ce qui signifie que ces constructeurs automobiles dépendent largement du marché américain pour les ventes de ces modèles.
En conclusion, l'industrie automobile nord-américaine dépend de chaînes d'approvisionnement transfrontalières couvrant le Canada, les États-Unis et le Mexique, où les intrants sont acheminés de manière transparente avant l'assemblage final dans le cadre d'une stratégie d'usines produisant des modèles spécifiques. Les droits de douane de l'administration américaine visent à remédier aux faiblesses perçues dans la base industrielle nationale, mais dans la pratique, ils menacent de perturber ce réseau complexe. Étant donné que les composants traversent plusieurs fois les frontières avant l'assemblage final, les droits de douane augmenteraient les coûts de production, ce qui entraînerait une hausse des prix pour les consommateurs nord-américains, sans pour autant résoudre les problèmes sous-jacents de la chaîne d'approvisionnement.
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